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Janvier, février, Fort-de-France se vit au rythme du carnaval

Le carnaval se célèbre aux Antilles depuis le XVIIème siecle. Toujours l'esprit à la fête, il prend tellement d'ampleur qu'en 1885 le maire de Saint-Pierre (alors capitale de la Martinique) se voit contraint, par avis à la population, de limiter la sortie des masques à certains jours : le "dimanche, les jours gras et le mercredi des cendres". L'allégresse est générale et débordante...

Jusqu'en 1902, le carnaval de la Martinique se déroule essentiellement à Saint-Pierre, et c'est avant tout le carnaval des classes opulantes : défilés de femmes vêtues de riches étoffes, parées de leurs bijoux, de "princes" en satin ou en velours, de pierrots poudrés et de polichinelle...

Ne pouvant s'offrir ces costumes coûteux, le peuple de petite condition s'en mêle, et se fabrique de vieilles guenilles, vieux sacs percés, et certains s'enduisent de nappage de mélasse...

Le 8 Mai de cette même année, une terrible éruption volcanique de la Montagne Pelée, enterre la ville et son carnaval; et en 1906, Fort de France, désormais capitale de la Martinique, fait renaître le carnaval.

Depuis quelques années, certains carnavaliers multiplient les initiatives pour que les festivités redémarrent à l'Epiphanie autour de plusieurs manifestations :

Le concours de chansons créoles (remise de prix...).

Des spectacles consacrés aux élections des reines du carnaval, défilant en tenue de soirée, costume local et travesti.

Le Samedi gras, c'est le jour de la parade des reines.
Le dimanche gras dans l'après-midi, les reines, mini-reines et travestis descendent dans les rues, afin de montrer leurs plus beaux déguisements.

Une ribambelle de petits garзons sont habillés en clowns, méphistos, arlequin..., traînant après eux une vieille casserole rouillée, qui fait à sa suite un bruit infernal.

Des coupeuses de canne à sucre avec leurs robes de vives couleurs bariolées et leur chapeau bakoua sur la tête, tiennent d'une main une longue canne avec sa flèche en panache, et de l'autre un coutelas en bois avec lequel elles vont mimer la coupe de la canne.

Le" Bwa-Bwa", n'y est plus. Voici le "Vaval" à brûler, créé sur une idée de l'actualité du moment, à la clôture, le Mercredi des Cendres.

"Les nègres gros sirop" déferlent, le corps enduit de coltar, les paupières peintes en rouge, et de grandes bouches tracées avec du blanc.

Les orchestres de rues, les chars, les "Carolines", et les "Moko Zombis" animent les rues encombrées par les carnavaliers...

La journée s' achèvera par le grand vidé qui conduira la foule en délire vers le bal "Ti-Tane".

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